Breger et Bastos sans opposition
(De nos correspondants locaux Jean-Guy NAURY et Fabrice BINIEK). - Les militaires ont-ils voulu à leur manière commémorer la bataille de Montcornet qui fît rage au cours de la Seconde Guerre mondiale ? Tout porte à le croire avec les offensives victorieuses, dans le cross long, d’Anthony Breger, un homme du 40e RA de Suippes, récent vainqueur à Sissonne, et celles de Virginie Costagliola (6r RCS de Douai) et son compagnon Jérôme Wéry (cross court), un chef du même régiment engagé sous les couleurs de Chaillevois. L’épreuve montcornetoise, comptant pour le challenge de l’Aisne et l’attribution des titres départementaux Ufolep, a livré de beaux vainqueurs. Quadruple lauréat de l’épreuve, Romain Jacquemin était attendu. En compagnie d’Anthony Breger et de Xavier Boulanger (Cap 21 ), le Carolomacérien faisait partie du trio de tête, lequel précédait, au premier des quatre passages, le vétéran laonnois Jacques Friedrich, le Cuirieusien Antoine Gremaux et le Ternois Benoît Lagrange. Il aura suffi d’une seule accélération de Breger au 3" km pour que le trio explose. Plus rien ni personne ne pourra entraver sa marche triomphale, en 28’02. Xavier Boulanger (Cap 21), le plus performant du peloton Ufolep. pointait à l’arrivée à 1’11 du 1er, Romain Jacquemin étant bien loin de son meilleur niveau, 3" à 2’43. « j’étais venu défendre mon titre après de longs mois d’interruption à cause d’un clapet de l’estomac qui se refermait mal et qui me provoquait des problèmes gastriques". expliquait le favori de l’épreuve. Jacques Friedrich. 4", n’a pas été épargné non plus par l’épidémie de bronchite : "Je pensais poursuivre sur la lancée de Retondes, où j’ai terminé 4" et 1er vétéran. J’ai évité de prendre des antibiotiques, mais j’étais mal fîchu ».
Khattou se retrouve à Soissons
Auteur du grand chelem l’an passé, Jérôme Wéry a dû puiser dans ses réserves pour préserver son invincibilité (13’49). Dans un premier temps pour revenir sur Jean-Sébastien Guillon (Cuirieux), seul en tête à mi-parcours et qu’il déposait à 800 m de la ligne, puis pour résister au retour du jeune prodige capellois Léo Crowet, champion de l’Aisne 2006 chez les minimes. S’agissant des féminines. Florence Bocahut n’a laissé à personne le soin de mettre le feu aux poudres. La Laféroise, seule aux commandes à rni-parcours. n’était plus inquiétée pour le sacre Ufolep. Mais elle ne pouvait résister au retour de ses poursuivantes.
A 800 m de l’arrivée, Virginie Costagliola portait l’estocade pour devancer, en 12’56, Sylvie Solau (Chaillevois). A deux pas de chez elle - « Je m’y entraîne régulièrement » -, Naoile Khattou se réjouissait d’avoir fait briller sa tunique amiénoise(14’03). Sans opposition, celle qui s’illustra jadis sur ce parcours renouait avec son passé : « Lorsque j’ai débuté l’athlétisme, je venais souvent disputer cette épreuve. Aujourd’hui, cette participation apparaît comme une remise en condition mais aussi comme un clin d’œil », lâchait, tout sourire, celle qui, huit jours auparavant, avait manqué « de tenue lors du cross de la RATP ».
De son côté, José Bastos se félicitait de son succès après un temps de référence (28’26). Soucieux de se succéder à lui-même, le Castelthéodoricien s’était alors mis en tête d’affoler les aiguilles du chronomètre. Jusqu’à y parvenir : « j’avais décidé de faire ma course. J’ai donc démarré pied au plancher, puis j’ai calqué mon effort sur mon cardiomètre. A l’arrivée, j’ai relevé ce pari. Ce petit exploit personnel, j’aimerais le dédier à Matéo et Clara ». Hommage à ses enfants qu’il « délaisse parfois », mais qui veilleront à encourager leur papa le 14 janvier, à l’occasion des championnats départementaux, où il tentera de jouer sa carte en solitaire mais aussi en équipe : « L’AC Château-Thierry est invaincue en seniors masculins depuis bien longtemps. Nous souhaitons que cela continue ».