Laurine Housseaux ou la force d’un caractère...

vendredi 1er mai 2020
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Laurine Housseaux ou la force d’un caractère

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Malgré un parcours jonché de contre temps, la représentante de l’Athélic Club Château-Thierry conserve sa foi en l’avenir…


Portrait d’une acharnée
« Le sport, et plus précisément l’athlétisme, représente cette adrénaline dont je peux difficilement me passer au quotidien ! » Laurine Housseaux n’y va donc pas par quatre chemins lorsqu’elle évoque un... virus contracté dès son plus jeune âge. « Par pur hasar sitôt une épreuve pédestre interne à son établissement scolaire » où à sept ans et sans le moindre complexe, elle se jouait de l’adversité. « A l’époque je n’osais dissimuler ma fierté, celle d’avoir devancé les garçons » admet l’intéressée. Une soif de vaincre qu’elle n’a d’ailleurs de cesse de cultiver depuis. Au lendemain d’une réflexion où elle délaissait l’équitation pour faire le grand saut et pousser les portes de l’AC Château-Thierry, structure à laquelle elle voue, aujourd’hui encore, une fidélité sans limite. Seize saisons que Laurine Housseaux s’efforce donc de porter bien hautes les couleurs castels.




De l’équitation à l’athlétisme





Encouragée par ses proches, la demoiselle trouvait (très) rapidement sa voie et collectionnait ainsi les distinctions. Fructueuse campagne pour une athlète qui se sentait pousser des ailes. « Je n’avais pourtant aucune prédisposition, excepté mon papy qui lorsqu’il était sous les drapeaux s’est distingué en sport.

Je ne suis pas entourée de sportifs reconnus, néanmoins, je ressentais un besoin quasi permanent de courir. Je souhaite constamment puiser dans mes réserves, repousser mes limites ! » confesse-t-elle. Lutte acharnée aux dépens du ... chronomètre que Laurine trouvait plaisir à relever tout en conservant la tête sur les épaules et les pieds (bien) sur terre.

Doucement mais sûrement donc celle qui fut courtisée par l’EFSRA Reims Athlétisme s’appliquait à tracer son chemin, à se définir également un tableau de marche. Une course contre la montre où elle se révélait d’ailleurs « dans les temps ».









Une volonté permanente à repousser ses limites

« Je préfère ce type de parcours, d’exercice de style, voire le cross court, ensuite, cela devient un peu le bout du monde » explique-t-elle., tout sourire en évoquant un élogieux bilan qui la propulsait alors au ... deuxième rang national de sa catégorie d’âge. Tous les espoirs lui étaient alors autorisés avant qu’ils ne se métamorphosent brutalement en désespoirs. Ainsi, un cruel contre temps symbolisé par une double déchirure bouleversait, sans crier garde, les prétentions de cette passionnée, jusqu’à les réduire à néant. « Le destin sans le moindre doute » tente-t-elle aujourd’hui encore de se convaincre. Des mots qui (re)cherchent à atténuer ceux (maux) provoqués par un « grand écart mal maîtrisé au cours d’un spectacle UNSS de fin d’année ». Une figure chorégraphique que Laurine Housseaux n’avait eu de cesse d’exécuter sans déboire jusqu’alors... Un coup dur à l’égard de celle qui, neuf mois durant, allait alors devoir prendre son mal en patience.





Longue période d’indisponibilité

« Cela ressemble à une énorme claque, tellement imprévisible que vous ne semblez en percevoir véritablement le choc. Ensuite vous cherchez à l’atténuer puis à le surmonter ! Non sans mal cependant... ». La gorge nouée, la demoiselle décline, du bout des lèvres, ces « périodes de doutes », cette anxiété légitime, « psychologiquement c’est très éprouvant ! Ces efforts que vous jugez parfois inutiles et vains succèdent à l’immobilisme des semaines précédentes. Animée par la volonté de rattraper ce temps que vous considérez perdu, vous vous heurtez à l’effroyable réalité du chronomètre notamment, qui, impitoyable et sans le moindre état d’âme, ne laisse apparaître une sensible amélioration. Celle qui vous apporterait ce baume au cœur que vous espérez tant. »

Propos chocs de la part d’une athlète qui, au moment « où tout a basculé en une fraction de seconde, tel un château de cartes » prenait également conscience qu’elle ne pouvait éviter de faire une croix sur cet avenir au parfum tricolore tant convoité.

Le souvenir de prétentions... tricolores

« Le moral dans les chaussettes », l’ambassadrice de l’Athlétic Club de Château-Thierry (ACCT) affichait cependant le désir de repartir du ... bon pied ! « Il le fallait » clame haut et fort celle qui déplorait un manque (évident) d’adrénaline. Retrouvant du réconfort auprès de ces proches - « leur présence a été essentielle » -, elle réussissait à « se reconstruire » et à repartir de l’avant. Tout en assurant ses arrières.

Comme à la croisée des chemins, Laurine Housseaux se décidait à « jongler » ainsi entre le cursus scolaire et le désir farouche de figurer à nouveau sur le devant de la scène sportive. « En études supérieures à Laon, j’ai pu concilier les deux » assure celle qui aspire au statut de professeur des écoles. « Les journées sont parfois un peu longues mais qu’importe, c’est à mon sens la rançon d’un retour au premier plan » mentionne l’athlète. Se refusant à tirer des plans sur la comète.



Billet pour les Championnats de France ?

N’en demeure que les plus récentes - et probantes - prestations l’encourageaient à pouvoir le revendiquer. Surtout depuis qu’elle paraissait en mesure de composter son billet pour les France « Elite » du 3000 m steeple...

Avant que la pandémie du Covid 19 n’engendre une nouvelle désillusion : « Frustrant, c’est le mot qui me vient immédiatement à l’esprit » souligne celle qui, néanmoins, ne consent à lever le pied. « L’indécision demeure dans l’élaboration des calendriers. En conséquence, je veille à conserver la forme au cas où. J’ai la chance de résider à proximité du vignoble castel et de ces grandes étendues. Tout en respectant la réglementation du confinement, il m’est permis de chausser les baskets et de partir une heure autour de chez moi. A domicile, le renforcement musculaire est au programme. L’athlétisme rythme mon quotidien, il est ancré en moi » s’en justifie une demoiselle qui - parallèlement - donne un petit coup de main dans l’essor de l’association « Les Petits Rats » de Brasles (Aisne)





Sur fond de zumba

Structure présidée par sa mamie, Nicole Thomassin, où sa maman Cécile orchestre des séances de danse. « Pour ma part, c’est une ambiance « Zumba » que je privilégie » lance celle qui a fait ses classes au STAPS à Reims. Une initiative où elle a su se mettre (très) rapidement au diapason, jusqu’à s’octroyer une excellente ... note ! La fréquentation intergénérationnelle en est une parfaite illustration.

Et l’avenir ? « Il apparaît en pointillé au regard de la situation sanitaire actuelle » exprime-t-elle avant qu’elle ne feuillette l’album aux souvenirs et ne s’attarde sur l’un d’entres eux en particulier : « Lequel laisse pourtant, aujourd’hui encore, un sentiment mitigé. Celui d’avoir su affoler les aiguilles du chronomètre sur 1000 m contraste avec le regret de n’avoir su, pu corriger le record régional « minime » de trois centièmes ». Chuchote Laurine avant de se remémorer l’enthousiasme affiché par ces proches sitôt la ligne franchie.