MARCHE / Paris-Colmar Partir, revenir...

lundi 11 juin 2007
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De notre correspondant local Jacques BOSSERELLE).

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L’un a décidé de raccrocher définitivement après sa 10e victoire, l’autre se « tâte » et le troisième a déjà la tête à la prochaine édition. Urbanowski, Rodionov et Maréchal (de gauche à droite), chacun trace sa route... Didier TATIN

Si Paris-Colmar a changé de visage, les visages de Paris-Colmar vont changer. Samedi, après sa 10e victoire, le Polonais Urbanowski a annoncé sa retraite avant que l’Alsacien Paul Gilg (5e) ne se déclare prêt à faire de même.
Deuxième, le Russe Rodionov a laissé entendre qu’il pourrait bien mettre un terme, lui aussi, à sa carrière. Arrivé en 3e position au terme d’un mano à mano épique avec le Normand Alain Costils (notre édition d’hier), le Castel Philippe Morel a fait part également de son intention « de se consacrer davantage, désormais, à sa vie de famille ». Place donc aux jeunes, Dvoretski, Lukashevich, Costils ? L’avenir le dira.

Le dilemme de Morel

L’énorme fatigue engendrée par trois jours et autant de nuits d’efforts a-t-elle entraîné un peu hâtivement cette série de renoncements ? On peut le penser d’autant que les organisateurs n’ont pas vraiment bien fait les choses après l’arrivée notamment envers Philippe Morel : « Comme prévu, je me suis rendu au contrôle antidopage. Quand j’en suis sorti, le protocole était terminé ».
Le 3e privé de podium ! Ajouté à l’état d’épuisement du marcheur, ce regrettable couac a-t-il incité le meilleur Français de l’édition 2007 à vouloir jeter l’éponge à son tour ? Pas impossible.
Avec le recul, « Fifi » pourrait toutefois revenir sur sa position.

Si « Urba » et Rodionov ne reviennent pas écrire la légende, l’horizon se dégagerait en effet pour le sociétaire de l’Athlétic Club de Château-Thierry qui, dès lors, ferait office de possible vainqueur à Colmar. Le Chalonnais d’adoption en convient : « Ce nouveau contexte est fait pour me tenter mais la marche, c’est tellement de sacrifices. »

Ce cruel dilemme va certainement hanter les prochaines nuits du champion de France 2002 sur 200 kilomètres. Au rêve de gagner à Colmar s’ajoute également la frustration de n’avoir jamais remporté la sélective de Château-Thierry, ce que d’ailleurs, aucun marcheur castel n’a fait : « C’est vrai qu’elle me manque, cette victoire-là. » Les semaines qui viennent vont être décisives pour cet homme de 42 ans qui ignore peut-être que le meilleur est à venir.

Maréchal, 2008 en tête

Le dénouement de ce Paris-Colmar 2007 s’est écrit dans le sud de l’Aisne, entre Crouttes et Saulchery. Alors en tête, Regy a soudainement abandonné, Urbanowski et Rodionov ont pris les rênes de l’épreuve avant qu’ « Urba » ne s’envole vers sa 10e victoire. Le tout en 6 km ! A ce moment-là, le Braslois Pascal Maréchal surfait sur le bitume, en avance d’1 h 30 sur son tableau de marche. Le dossard 13 n’a jamais quitté la 13e place. Hélas, le double bonheur de toucher Colmar pour la deuxième année de suite s’est envolé après Gondrecourt-le-Château (Meuse). Une déception vite oubliée pour celui qui annonce déjà, revanchard, son envie « de se qualifier à nouveau en 2008 ».

Si les ténors ont touché Colmar pour en finir, d’autres, à l’inverse, ne pensent qu’à y retourner... pour mieux rebondir.